Arnulf Rainer (1929–2025) est l’une des figures majeures de l’art contemporain autrichien d’après-guerre. Né à Baden, en Basse-Autriche, il développe très tôt une pratique radicale et expérimentale, en rupture avec l’enseignement académique traditionnel, qu’il abandonne rapidement après son admission aux académies de Vienne. En 1950, il cofonde le groupe d’avant-garde Hundsgruppe aux côtés de Ernst Fuchs, Arik Brauer et Josef Mikl.
Après des débuts marqués par le surréalisme et l’art informel, Rainer développe dès les années 1950 son célèbre principe de « surpeinture » (Übermalung), recouvrant peintures, photographies et reproductions d’interventions gestuelles violentes et expressives. Son œuvre explore les limites du corps, de l’identité et de la spiritualité à travers des séries devenues emblématiques, notamment les Face Farces, les masques mortuaires, les crucifixions et les cycles consacrés à Hiroshima. À partir des années 1960, il intègre également la photographie, le body art et des expérimentations liées aux états psychiques altérés dans sa pratique artistique.
Artiste profondément singulier, Arnulf Rainer entretient un dialogue constant avec l’histoire de l’art, retravaillant des images de maîtres anciens comme Leonardo da Vinci ou Gustave Doré, tout en s’intéressant à l’art brut et aux expressions marginales. Son langage pictural intense, fondé sur le geste, l’effacement et la transformation, a exercé une influence considérable sur la peinture européenne de la seconde moitié du XXe siècle.
Son travail a fait l’objet de grandes rétrospectives internationales dans des institutions majeures telles que le Solomon R. Guggenheim Museum, le Centre Pompidou, le Stedelijk Museum Amsterdam ou encore l’Albertina. Ses œuvres figurent aujourd’hui dans les collections permanentes du Museum of Modern Art, du Metropolitan Museum of Art, de la National Gallery of Art et de la Tate.
